Et le dopage ?

Introduction.

Le Sport contribue à l'épouissement de l'être humain sur le plan physique, psychologique et social. Cependant, dans le sport de haut niveau, les capacités physiologiques sont dépassées : on en demande de plus en plus au sportif de haut niveau, plus il se dépasse plus il gagne d'argent dans les sports médiatisés. Pour ce faire, le sportif peut être tenté par le dopage : il peut donc faire appel à des substances qui augmentent artificiellement ses capacités physiologiques et lui permettent de lutter contre la douleur et les traumatismes, afin de se dépasser. "Pris en otage" par un système qui lui demande des performances de plus en plus extraordinaires, l'athlète, pour se construire un palmarès, adopte des conduites à risques pour sa santé.

Qu'est-ce que le dopage ?

Le dopage est une pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux afin d'augmenter artificiellement ses capacités physiques ou mentales. Le dopage n'existe pas qu'au niveau sportif. La prise de substances variées, dans le but d'accroître les performances est une pratique de plus en plus courante dans le milieu étudiant ou professionnel. 

Le dopage est utilisé : 

  • Pour modifier la morphologie.
  • Pour augmenter la force et la puissance musculaire.
  • Pour améliorer l'oxygénation.
  • Pour accroître la concentration. 
  • Pour se dépasser. 
  • Pour maitriser le rythme veille/sommeil.
  • Pour perdre du poids. 

Le dopage est interdit car il constitue un important problème de santé publique. Il s'agit en effet d'une pratique dangereuse pour l'organisme et contraire à l'esprit sportif. Dans le cadre du sport de haut niveau, la France est l'un des premiers pays européens à avoir pris des dispositions législatives à l'encontre des conduites dopantes. La dernière loi en date est la loi du 3 Juillet 2008. La loi poursuit deux objectifs : 

  • Maintenir l'éthique du sport en condamnant la tricherie.
  • Assurer et protéger l'intégralité physique et la santé des sportifs.

Cette loi vise à "éviter l'utilisation de substances ou de procédés destinés à augmenter artificiellement le rendement des sportifs à l'occasion d'une compétition ou d'un entraînement". Les stimulants, narcotiques, agents anabolisants sont interdits, ainsi que le dopage sanguin, les manipulations pharmacologiques, chimiques et physiques. 

Les sportifs qui se dopent sont passibles de sanctions, par les Fédérations ou par l'Agence française de lutte contre le dopage, qui peuvent aller jusqu'à l'interdiction définitive de compétition. En cas d'obstacle au contrôle ou de violation des interdictions, le sportif risque six mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amende. En cas de détention ou d'usage de substance ou de procédé interdit, le sportif risque un an d'emprisonnement et 3750 euros d'amende. 

Le cyclisme, la natation, l’haltérophilie et l’athlétisme sont considérés comme les sports les plus touchés mais à ce jour, le dopage affecte une grande variété de disciplines sportives, et ce à tous les niveaux de pratique.

Certaines molécules dopantes et leurs risques.

Jusqu'à la fin des années 1970, on se dopait principalement avec des molécules exogènes telles que les amphétamines ou des dérivés de la morphine, produits stimulants ou analgésiques. Depuis les années 1980, des molécules endogènes sont de plus en plus utilisées et brouillent les pistes comme la testostérone. Ce sont les progrès de la chimie qui ont permis de réaliser leur synthèse en laboratoire et ainsi d’en assurer leur commercialisation. Les différents types de molécules utilisés ne cessent d’évoluer. En 1900, plusieurs sportifs se dopaient à la strychnine (extrait de la noix vomique) après son isolation et sa synthèse en laboratoire. Aujourd’hui, la détection des produits dopants est d’autant plus difficile que les molécules utilisées sont de plus en plus proches de celles présentes naturellement dans le corps. C’est le cas pour une nouvelle génération d’EPO (érythropoïétine) nouvellement créée.

Les substances les plus répandues sont les agents anabolisants, les hormones peptidiques, les facteurs de croissance, les stimulants, les glucocorticoïdes... Le produit dopant dont on entend parler le plus souvent est l’hormone peptidique EPO. 

Nous avons vu précédemment que l'entraînement permettait une augmentation de la masse musculaire. L'athlète qui veut amplifier cette prise de masse musculaire utilisera des anabolisants. Il verra son corps se transformer : plus de muscles, plus rapidement, tout en réduisant sa masse grasse. Il gagnera en force et en puissance. Les effets des anabolisants ne s'arrêtent pas là car ils permettent aussi d'améliorer énormément la récupération et la résistance à l'effort. En conclusion, le sportif peut s'entraîner plus souvent, plus longtemps et avec de meilleurs résultats. Tous les sports nécessitant une grande force tels que l'haltérophilie, bodybuilding et athlétisme sont concernés. Ces molécules ne sont pas sans danger et provoquent des troubles graves pouvant aller jusqu'à la mort (voir tableau récapitulatif ci-dessous). Régulièrement, nous pouvons lire dans la presse que des jeunes sportifs se sont effondrés sur les stades.

En utilisant l'EPO, le sportif cherche à augmenter l'apport d'oxygène aux muscles. Il va alors augmenter sa capacité respiratoire, la durée de ses entraînements, diminuer la sensation de fatigue et du temps de récupération et ainsi mieux supporter le rythme de ses compétitions. Les sports les plus touchés par ce dopage sont l'alpinisme, l'athlétisme de fond, le cyclisme, le football, la natation et le ski de fond. L'abus de cette hormone est très nocif puisqu'elle provoque des infarctus, des embolies pulmonaires et des thromboses.

En utilisant des stimulants comme les amphétamines et la cocaïne, l'athlète cherche à accroître la concentration et l'attention, à réduire la sensation de fatigue. Le seuil psychologique de la fatigue étant dépassé, le sportif peut aller à l'épuisement voire jusqu'à la mort. La cocaïne provoque un effet de toute-puissance, c'est pourquoi les sportifs s'en servent pour se donner du courage. Par exemple, les joueurs de football américain l'utilisent avant les matchs pour se donner du courage et enchainer les matchs.

Le tableau suivant récapitule les effets recherchés par les sportifs en utilisant certaines des molécules dopantes et en parallèle les effets indésirables provoqués.

Tableau récapitulatif d’exemples d’effets des classes courantes de produits dopants

Quelques exemples tragiques.

  • L'exemple de l'anglais Tom Simpson a marqué puisqu'il s'est passé pratiquement en direct à la télévision lors du Tour de France de 1967. Lors de l'escalade du Mont Ventoux, à deux kilomètres de l'arrivée, il s'effondre et succombera en quelques minutes aux effets combinés des amphétamines et d'une déshydratation due à une très grande chaleur. Sous l'effet des amphétamines, son corps n'a pas perçu les signaux de la fatigue et du coup de chaleur et a continué à pédaler jusqu'à l'épuisement total.
  • Un autre exemple, celui du nageur norvégien Alexander Dale Oen qui est décédé le 30 avril 2012, à la suite de son entraînement dans la douche, d'un malaise cardiaque. Il avait été vice-champion olympique aux JO de Pékin en 2008.
  • Bob Hazelton, boxer américain durant les années 1970, s'est nourri pendant des années aux anabolisants. De très graves problèmes d'artérite lui ont valu d'être amputé des deux jambes. 
  • Et pour finir, prenons l'exemple de Lance Armstrong qui a avoué il n'y a pas longtemps s'être dopé. En 1996, on lui a diagnostiqué un cancer des testicules puis deux lésions cancéreuses au cerveau. Il se dopait aux corticoïdes, aux hormones de croissance, à la testostérone et à l'EPO.

Conclusion.

Face à la concurrence, l'intensité des charges sportives, le stress de la compétition, beaucoup de sportifs se tournent vers le dopage pour maintenir leur niveau et leurs performances. Ainsi, le dopage n'a cessé de se diversifier, d'évoluer, de jouer de la confusion entre ce qui provient de notre corps et ce qui est apporté artificiellement. Cependant, ces produits peuvent provoquer des effets à long terme sur le corps. C'est pourquoi peut-être que demain le "super-athlète" sera le fruit de manipulations génétiques qui n'auront pas d'effets à long terme sur l'organisme.

 

Évolution du dopage ?

Le dopage ne peut cependant pas être utilisé pour améliorer ses performances sans constituer un danger pour l'organisme !

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